RC Assemblée Nationale

Allocution de Madame Mireille EZA, Directrice du projet noria, lors du Séminaire-atelier sous le thème "La Communication parlementaire", tenu le 12 au 13 juin 2018, Palais des Congrès Brazzaville.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale;
Monsieur le Président délégué de la section congolaise de l’APF ;
Monsieur le Président du Sénat;
Mesdames et Messieurs les parlementaire: Députés et Sénateurs ;
Madame et Messieurs les conférenciers,
Chers participants,
Distingués invités, en vos rangs, grades et qualités,
C’est un honneur et une responsabilité des plus agréables qui nous conduisent chez vous, en terre congolaise, à l’occasion de ce séminaire-atelier sur la Communication parlementaire.
Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Président, au nom de l’APF, de son Président Jacques Chagnon et de son Secrétaire général Parlementaire, Jacques Krabal, de remercier la section congolaise pour l’accueil amical et chaleureux qui a été réservé à notre délégation.

Mesdames et messieurs, il n’est pas superflu de faire un bref rappel de ce qu’est l’APF.
En effet, l’APF, votre Assemblée, fédère aujourd’hui 83 sections. Elle constitue, l’Assemblée consultative de la Francophonie et exerce à ce titre, une action politique en prenant position et en mettant en œuvre une diplomatie parlementaire de médiation, notamment lors de situation mettant en danger la démocratie et les droits de l’homme dans les pays francophones.
À côté de sa mission de vigie de la démocratie, l’APF mène des actions de coopération dans lesquelles s’inscrit ce séminaire que vous avez souhaité, Monsieur le Président, et que le Bureau de Paris a confirmé en février dernier.
L’objectif de cet échange est de favoriser une meilleure visibilité des activités du Parlement de la République du Congo. Il s’agit en effet de présenter des stratégies et des supports innovants pour dynamiser et optimiser la communication interne et externe des deux chambres. Cette visibilité et cette lisibilité doivent impacter positivement la perception de l’institution, de ses acteurs, de sa mission et de ses fonctions.
La communication, dans nos sociétés de l’image, ou l’instantanéité des commentaires et des critiques va de pair avec leur viralité peut vite vous échapper si vous n’êtes pas vigilants et actifs. Dans ces cas, c’est parfois votre image et votre destin que d’autres contrôlent.
Ainsi de tweet en retweet, d’interview en communiqué, se dessine une tendance qui affirme l’identité. L’identité ici, est celle de la Représentation nationale.
La communication dans ce cadre doit être factuelle et incarnée, elle s’inscrit dans le temps de la Nation comme dans celui du parlement.
Il ne s’agit pas de développer des opinions personnelles mais une position fédératrice qui reflète des enjeux et des réalités partagées. Avec des éléments de langage clairs.
Si la vie démocratique se nourrit aussi de cette profusion de sources et d’émetteurs, la difficulté d’exister de façon cohérente pour une Assemblée, tient à la coexistence de la pluralité des expressions et des positionnements, mais également à la demande toujours croissante d’une société en quête de l’adrénaline que procure la rumeur appelée aujourd’hui « buzz ».
Par leurs intrusions, les nouveaux médias, nous mettent au défi de suivre voire d’anticiper le flux continu de nouvelles. Par leur caractère instantané, fugace et multiforme et la surenchère permanente qu’ils suscitent, ils en amplifient l’audience.
Combien d’hommes et de femmes politiques ont vu des pans entiers de leur vie publique (voire privée) leur échapper pour un tweet rageur ou un post léger ?
Régulièrement, chaque échéance politique, chaque évènement national ou local fait inévitablement appel à vos capacités de prise de position, de plaidoyer, de conviction, de pédagogie et de transparence individuelle mais également globale.
Il s’agit cependant, et en même temps, pour ce qui vous rassemble : j’ai nommé l’intérêt général, d’affirmer pour les différents publics, la vision et les actions d’ensemble du parlement.
Le philosophe anglais du 17-ème siècle, Thomas Hobbes, un des premiers penseurs de l'État moderne et fondateur de la philosophie civile, ne disait-il pas ? « Gouverner, c’est faire croire »
Aujourd’hui plus qu’hier, faire et dire ne suffisent plus pour être reconnu. Il faut savoir, donner du relief et de la vie, amplifier, orienter, être présent, actif et performant, relater vos réalisations à vos mandants, au besoin en relayant les leurs, s’appuyer sur le réseau pour rayonner, nourrir l’hydre suffisamment pour n’être point dilué dans le flot.
En une phrase, s’adapter et tenter la conquête ou se raidir dans des certitudes et des conservatismes au risque de périr ; garder en ligne de mire, la morale.
Il convient de décrypter les codes de ces vecteurs puissants et addictifs et d’identifier les moyens et les stratégies opérationnelles adaptées aux contraintes du monde parlementaire dans votre environnement spécifique.
Ces problématiques sont à la base de la perception qui suscite l’adhésion ou au contraire la suspicion voire le rejet.
Les thèmes choisis pour les aborder ont pour finalité de diversifier et d’amplifier les savoir-faire et le faire-savoir du parlement.
Pour en discuter de façon éclairée, nous avons conviés des experts reconnus : j’ai nommé :
Monsieur Cheikh Diop Dionne, ancien député de la République sénégalaise, Rapporteur de la commission politique de l’APF, qui nous fait l’amitié d’être là et qui vous donnera son éclairage sur ces questions de communication parlementaire dont il connait la sensibilité et maitrise les arcanes ; C’est ainsi qu’il traitera entre autre des Principes directeurs de la Communication institutionnelle et de la Communication numérique vu sous l’angle de la participation citoyenne.
Avec Madame Vannina Patriarche, Haut fonctionnaire de l’Assemblée nationale française, qui dispose d’une expertise avérée dans le domaine de la communication parlementaire, notamment digitale, pour avoir dirigé durant de longues années, la Division de l’information multimédia de l'Assemblée nationale française nous aborderons les Relations entre le parlement et les différents médias, la communication dans un contexte particulier de crise, ou encore la gestion des réseaux sociaux. Sa grande expérience nous sera précieuse.
Et enfin, Monsieur Kangah Donatien Koffi, journaliste ivoirien, expert média et réseaux sociaux qui, en nous apportant le regard neuf et aiguisé assorti des propositions d’une jeunesse 2.0, nous édifiera sur les réseaux sociaux vus d’Afrique et d’ailleurs, incontournable réalité de la communication contemporaine, leurs typologies, leurs usages, leur portée, leurs limites.
Nul doute qu’à eux trois, avec l’appui de nos modérateurs du Sénat et de l’Assemblée, ils sauront susciter vos questions, vos contributions et vos analyses.
Nous l’avons rappelé, la coopération que met en œuvre l’APF et dont le programme Noria est l’un des vecteurs principaux, repose évidemment sur un fondement politique et des valeurs partagées : d’abord réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud certes mais également faire des outils et des usages liés au numérique, un accélérateur d’actions. Cette coopération est également rendue possible grâce à l’OIF qui soutient la quasi-totalité de nos actions de coopération et que nous tenons à remercier ici.
Monsieur le Président, en nous faisant l’honneur d’accepter d’ouvrir nos travaux, vous nous démontrez l’intérêt que revêtent pour vous les nouvelles technologies et vous nous dites qu’au-delà des concepts et des méthodes vous en attendez des résultats porteurs d’actions concrètes. Vous indiquez également à vos collègues parlementaires à cette étape de cette législature, combien la communication est un élément important dans la perception de l’action et des acteurs parlementaires.
Qu’il convient d’anticiper avec ambition, clairvoyance et méthode, les défis que la communication moderne impose à la gouvernance institutionnelle.
Ce séminaire peut être une étape vers d’autres paliers : une stratégie et un plan de communication adaptés à votre vision, à vos besoins, à vos moyens. C’est à vous d’en juger
Puissent ces deux jours d’échanges rencontrer vos attentes et être féconds pour l’avenir. L’APF, pour sa part, se tient à vos côtés pour y travailler.
Je vous remercie de votre aimable attention.
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